Placage d’ébène ; marqueterie en ‘première partie’ de laiton et d’étain sur fond d’écaille et d’ébène; corne teintée bleue ; bronze doré ; émail.
H. 52 cm. (20 ½ in.) ; L. 32 cm. (12 5/8 in.) ; Pr. 14 cm. (5 ½ in.).
PROVENANCE: collection particulière.

Ce rare modèle de pendule quadrangulaire en marqueterie Boulle, rehaussé d’incrustations de cuivre et de bronze doré, reposant sur quatre pieds toupies et coiffé d’un sablier en bronze doré, est l’œuvre du célèbre ébéniste André Charles Boulle (1642-1732). L’ensemble est plaqué d’écaille de tortue teintée en noir (rouge sombre ?), enrichi de filets de laiton, de baguettes de bronze à ornements en frises d’entrelacs en bordure. La partie centrale de l’horloge est munie d’un large cadran émaillé porté par la figure de Chronos ailé assis sur la traverse inférieure de la caisse. De chaque côté, la pendule est flanquée d’un tablier bordé de franges simulées à décor de rinceaux surmonté d’une cassolette fumante. Le fronton est décoré en son centre de deux chimères mi aigle, mi serpent, affrontées, dont l’une tient la queue de l’autre dans sa gueule. Chacune des deux chimères porte un attribut entre ses ailes : l’une détient une faux, attribut symbolique de Chronos coupant le fil de la vie, et l’autre une branche de laurier. A l’intérieur de la caisse, le mouvement est signé de Pierre Fardoil, horloger du Grand Conseil de Sa Majesté.

On retrouve plusieurs éléments décoratifs de notre pendule dans la planche 2 de l’ouvrage publié par Boulle avec la collaboration de Pierre Mariette en 1707 Nouveaux Deisseins de Meubles et Ouvrages de Bronze et de Marqueterie : le petit sablier au sommet de la « Petite Pendule de cabinet », la position des jambes du Chronos assis de « Figure de bronze sur son piédestal » et la forme générale de la « Pendule propre pour une chambre » proche de la nôtre. On remarque également le petit sablier couronnant la pendule dite du Jour et de la Nuit, autre pendule d’André-Charles Boulle, dont un exemplaire reproduit ci-dessous, orné d’un mouvement de Lepaute et provenant de la collection des prince de Condé, est aujourd’hui conservée à l’hôtel de Soubise à Paris.

Comme pour les autres grands modèles de pendules de Boulle, l’Amour vainqueur du Temps, dit aussi le Temps couché d’après François Girardon, et le Jour et la Nuit d’après Michel-Ange, le sujet principal en est le Temps, thème très apprécié au XVIIe siècle en témoignent les nombreuses représentations picturales de vanité, sujet allégorique ancien mais qui se constitue comme genre à part entière vers 1620, d’abord à Leyde en Hollande, pour se répandre ensuite en Europe, particulièrement en Flandres et en France.


Détail du couronnement d’un exemplaire de la pendule dite du Jour et de la Nuit, par André-Charles Boulle, le cadran et le mouvement sont ici signés Gilbert /A Paris, ancienne collection d’Etienne Perrinet de Jars (1670-1762).
Collection particulière.




Horloge astronomique à plusieurs cadrans conçue pour le Grand Dauphin en 1710 par Pierre Fardoil, horloger à Paris. Outre les heures et les minutes, on peut lire les jours, le quantième du mois, les phases de la lune et la longueur du jour et de la nuit. Sous les cadrans, une allégorie des quatre saisons, signée Antoine Coypel, fut fondue comme les autres décors en bronze doré par Jacques Caffieri. Classé Monument historique au titre objet le 22 octobre 1909.
Collection de l’Observatoire de Paris.

Pierre Fardoil (? – après 1725)
Les Fardoil étaient une dynastie d’horlogers réputés. Pierre Fardoil était l’un des fils de Pierre Fardoil père, seigneur de Blois, décédé en 1669 et de sa femme Françoise Bouillon. Pierre Fardoil fils devint maître horloger en 1684. Il épousa Marie Darnault le 29 octobre 1685 à l’église Saint-Honoré de Blois. Il était huguenot et avait fui la France pour Londres en raison des persécutions religieuses après la révocation de l’édit de Nantes en 1685 ; il y travaillait sous le nom de Peter Fardoil. Vers 1700, Fardoil revint en France et installa son atelier sur la place Dauphine à Paris en tant que « maître horloger du Grand Conseil du Roy ».
Grand ingénieur mécanique et technique, Fardoil inventa une astucieuse machine servant à découper les dents des roues d’horlogerie, qui se trouve aujourd’hui au Musée des Arts et Métiers de Paris. La recherche de précision dans la mesure du temps nécessitait des pièces taillées de la manière la plus fine possible. Cette machine a été décrite en détail dans plusieurs ouvrages tels que le Traité d’ Horlogerie d’Antoine Thiout et l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers de Diderot et d’Alembert. Il réalisa également en 1710 une pendule astronomique à différents cadrans pour Louis Dauphin de France, (1661-1711), appelée Le Grand Dauphin. Le boîtier de cette horloge fut conçu par Philippe Caffieri (1634-1716). Cette horloge astronomique a été préservée et fait partie de la collection du Musée de l’Observatoire, à Paris. Pierre Fardoil est également connu comme le premier horloger à avoir créé des cadrans entièrement émaillés.

