Huile sur toile.
Pour deux d’entre eux :
H. 266,4 cm. (105 in.) ; L. 97,1 cm. (38 ¼ in.).
Les autres :
H. 268 cm. (105 ½ in.) ; L. 150 cm (59 in.).
H. 266,4 cm. (105 in.) ; L. 157,2 cm (62 in.).
H. 266,4 cm. (105 in.) ; L. 157,5 cm (62 in.).
H. 266,4 cm. (105in.) ; L. 164,2 (64 ¾ in.).
PROVENANCE: collection particulière.
BIBLIOGRAPHIE: Christina J.A. Wansink, “De decoratieve schilderkunst van Mattheus Terwesten, een Haagse meester uit de achttiende eeuw,” Oud Holland, Vol. 104, no. 3-4, 1990, p. 270-92; C.J.A. Wansink, “Augustin und Matthäus Terwesten – ein Kapitel aus des Geschichte der Beziehungen zwischen Brandenburg -Preußen und den Niederlanden,” Götter und Helden für Berlin, Charlottenburg Palace, Berlin 1995, p.36.
Certainement destinées à être insérées dans des décors de boiseries, ces six grandes toiles à fonds d’or sont un bon exemple du classicisme baroque en matière de peinture décorative. Ces décors témoignent également de la diffusion de ce courant en Europe, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, à partir des modèles élaborés en France au cours du XVIIe siècle.



La composition de chaque tableau, inspirée des projets de frontispices français du XVIIe siècle, est organisée autour d’un cartouche central de forme ovale orné de figures de dieux antiques ou de prophètes, peints en grisaille, complété par une inscription latine; le tout reposant sur une base architecturée ; l’ensemble se détachant sur un fond de draperie, de rinceaux feuillagés et d’angelots tenant entre leurs mains des guirlandes de fleurs. En partie basse, un groupe de putti représentant une allégorie, fait écho au sujet peint en grisaille au centre de la composition.

Il faut noter, toujours à propos de la composition, que plusieurs scènes sont directement issues d’estampes réalisées d’après Pierre Mignard (1612-1695): on pense notamment aux allégories d’enfants représentant les Mathématiques (fig.1) et la Musique (fig.2), gravées d’après les tableaux exécutés par ce dernier pour la galerie des Petits Appartements du roi à Versailles. De même, la partie peinte en grisaille représentant La Beauté présentée à la Peinture par le Temps est tirée d’une estampe de François Chauveau, d’après Mignard, publiée dans La gloire du Val de Grâce (fig.3) – un long poème en alexandrin écrit par Molière en 1669, prenant fait et cause pour la grande fresque peinte par Mignard pour la coupole de l’église du Val de Grâce.
Stylistiquement les putti ainsi que les motifs de rinceaux feuillagés, que l’on retrouve sur l’ensemble de ces six panneaux, présentent un certain nombre d’affinités avec les peintures et les dessins de Mattheus Terwesten (La Haye, 1670 – 1757), peintre de sujets mythologiques et allégoriques, actif en Allemagne et aux Pays-Bas à partir de 1690.
Un des exemples les plus frappants par rapport à l’attribution de nos panneaux, ce sont les oeuvres peintes par Mattheus Terwesten pour De Koepel van Fagel à La Haye (Fig. 4-5-6-7-8), dont les décors intérieurs ont été conçus à partir de 1707 par l’architecte français Daniel Marot (Paris, 1661 – La Haye, 1752). Ce dernier, à l’instar de nombreux architectes huguenots, fut obligé de quitter la France en 1685 pour trouver refuge à l’étranger, après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. C’est ainsi, notamment par le biais de ces réfugiés, que le classicisme baroque s’est étendu à l’ensemble des provinces de l’Europe du Nord. Le cas de Daniel Marot (Paris, 1661 – La Haye, 1752) fut à ce titre exemplaire. Formé en France, ce dernier travailla presque exclusivement pour la cour de Guillaume III d’Orange-Nassau (1650-1702), d’abord en Angleterre, où il traça les jardins de Hampton Court (1683), puis en Hollande, où il s’occupa notamment de la décoration intérieure du Binnenhof et du palais Huis ten Bosch à La Haye. On lui doit aussi les aménagements intérieurs du palais Het Loo, près de la ville d’Apeldoorn, au cœur des Pays-Bas.
Plusieurs points sont à souligner concernant l’art et la vie de Mattheus Terwesten. Selon Christina J.A. Wansink, sa longue carrière fut constamment émaillée par des collaborations avec d’autres peintres. A commencer par Augustinus Terwesten (La Haye, 1649 – Berlin, 1711), son propre frère, qui fonda l’Académie de Beaux-arts de La Haye en 1682 et auprès duquel il apprit d’abord son métier puis travailla – notamment grâce à la position de celui-ci en tant que peintre à la cour du prince-électeur Frédéric III Brandenburg et de directeur à l’Académie de Berlin. Autres points de concordances entre les deux frères Terwesten, le voyage qu’ils effectuèrent en Italie (Rome, Florence, Venise), en France (Paris) et en Angleterre, chacun à vingt ans d’intervalles, fut déterminant dans leur formation – et semble expliquer leur rôle respectif au sein de l’Académie.





A la mort de son frère en 1711, Mattheus Terwesten lui succéda en tant que directeur de l’Académie et peintre à la cour de Berlin. Il se maria à La Haye en 1718, et à partir de cette date partagea son temps entre ces deux villes. Il collabora aussi régulièrement avec des peintres de fleurs et de fruits comme Gaspard Peter Verbruggen (actif à La Haye à partir de 1706) ou Pieter Hardimé (1677-1758). Mattheus Terwesten travailla jusqu’à un âge avancé, et mourut à la tâche en 1757, lors de la conception de décors pour une salle du tribunal de la ville de La Haye.