COMMODE À DÉCOR DE MASQUE DE MERCURE

Paris, époque Louis XVI, vers 1775-1780.
PAR PIERRE GARNIER (1726/27 – 1806, MAÎTRE EN 1742)

Acajou et placage d’acajou de Saint-Domingue, ondé et moiré ; bronze ciselé et doré ; marbre blanc veiné gris.

H. 102.5 cm. (40 ¼ in.) ; L. 99 cm. (39 in.) ; Pr. 60 cm. (23 ¾  in.).

ESTAMPILLE : P. GARNIER, visible sous la traverse arrière du plateau.

PROVENANCE : vente Sotheby’s à Monaco, les 23-24 juin 1985, lot n° 902 ; collection d’Hubert de Givenchy collection, Hôtel d’Orrouer, 87, rue de Grenelle, Paris.

BIBLIOGRAPHIE : Christophe Huchet de Quénetain, Pierre Garnier, Paris, 2003, p. 82, cat. 226.

Inspirée de l’antique, la façade de cette commode est scindée en trois tiroirs encadrés de pilastres couronnés par des chapitaux et terminés par des pieds en forme de toupies. Chaque tiroir  est richement décorés : au premier rang se trouve une frise d’entrelacs feuillagés, et aux deuxième et troisième rangs, un masque de Mercure retenant une guirlande de fruit.

Pierre Garnier, commode estampillée en suite de la nôtre provenant de la collection du consul général de Suède Karl Bergsten († en 1953).

Vente Christie’s à Londres, le 23 juin 1999, lot n° 50.

Alexandre Théodore Brongniart (Paris, 1739-1813), vue d’une commode architecturée très proche de la nôtre ornant la petite chambre à coucher, élévation développée, au sein de l’hôtel Taillepied de Bondy, rue de Richelieu à Paris, XVIIIe siècle.

Paris, musée du Louvre (inv. RF50221-recto).

Pierre Garnier, un précurseur du style « à la grecque »

Né à la fin de l’année 1726 ou au début de l’année 1727, probablement à Paris, Pierre Garnier était le fils de François Garnier, maître ébéniste établi dans le faubourg Saint-Antoine. Reçu à son tour maître le 31 décembre 1742, il en profita pour quitter son quartier natal et s’installer dans le quartier phare de la finance parisienne, rue Neuve-des-Petits-Champs, « vis-à-vis le Trésor Royal ». L’Almanach général des marchands atteste de sa réussite.

Entre 1766 et 1778, il contribua activement à meubler les nombreuses demeures du marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour et surintendant des Bâtiments du Roi, dont, à Paris, son hôtel de la place du Louvre, l’hôtel de Massiac, place des Victoires, ainsi que son pavillon du Pâté-Bercy. Garnier meubla, vers 1775, le château de Montgeoffroy, dans le Maine-et-Loire, pour le compte de Louis-Georges-Erasme, maréchal de Contades (1704-1795). Il effectua, avant 1781, des livraisons de meubles commandités par Louise-Jeanne de Durfort de Duras, duchesse de Mazarin, et entre 1784 et 1789, livra le receveur général des Finances, Germain Baron. Il fut également pendant quelques années l’un des fournisseurs attitrés de la famille d’Orléans, et compta parmi sa clientèle le prince Charles de Suède, futur roi Charles XIII, pour lequel il exécuta la célèbre paire de commodes « à la grecque » aujourd’hui conservées au château de Gripsholm. Il devint l’un des fournisseurs importants de Madame Du Barry, maîtresse en titre de Louis XV, et livra aussi en meubles Françoise-Emilie de Pérusse d’Escars, marquise de Brunoy, la comtesse de Coigny, le cardinal Louis-René-Edouard de Rohan-Guéménée, Pierre-Charles-Antoine Maignart, marquis de La Vaupalière, le duc de Talleyrand-Périgord, ainsi que Louis-Sophie Le Tellier, marquis de Louvois.

Pierre Garnier demeura actif jusqu’à la période du Directoire (1795-1799), et s’éteignit le 25 floréal an XIV (15 mai 1806), au n° 4 de la rue de l’Arbre Sec, où il avait emménagé en 1800.

Installé par Pierre Victor, baron de Besenval de Brunstatt : Le grand et unique poêle en marbre décoré de bronzes dorés réalisé par Pierre Gouthière dans le vestibule de l’hôtel de Besenval, autrefois placé dans le Grand Cabinet, aujourd’hui la salle à manger. Photographié juste avant la Première Guerre mondiale. Seulement quelques années plus tard, il a été démonté et vendu. À la fin des années 1990, le poêle se trouvait chez la Galerie Kraemer de Paris. La galerie l’a ensuite vendu à un client aux États-Unis.


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