Bronze ciselé et doré.
H. 80 cm. (31 ½ in.) ; L. 60 cm. (23 ¾ in.); Pr. 40 cm. (15 ¾ in.).


Marques d’inventaire : D 763 et D 764 et lettres M R flanquant une couronne souveraine.
NUMEROS D’INVENTAIRE ET MARQUES D’UNE MAISON PRINCIERE SOUVERAINE : D.7.6.Ꜫ. et D.7.6.4., respectivement flanqué d’une fleur de lis et des lettres MR [Mobilia Reale ou Regia ?] encadrant une couronne fermée, le tout incisé sur le côté extérieur de la volute supérieure du fût de chaque bras.
PROVENANCE : très certainement livrées vers 1750-1755 pour une Maison souveraine apparentée aux Bourbons (présence de la fleur de lis sur les numéros d’inventaires).
BIBLIOGRAPHIE COMPARATIVE : Alvar González-Palacios, Il patrimonio artistico del Quirinale, Gli Arredi Francesi, Milan, 1996, p. 244-246, cat. n° 54.

Ces bras sont identiques à deux paires d’appliques aujourd’hui conservées au palais du Quirinale à Rome, provenant très certainement du palais ducal de Parme ou de celui de Colorno, en Émilie-Romagne, ayant été livrées, vers 1750, peu de temps après l’arrivée au sein du duché de Louise-Elisabeth de France (1727-1759), fille aînée de Louis XV et de Marie Leszczyńska. Celle-ci était en effet devenue duchesse de Parme et de Plaisance après avoir épousé par procuration, le 26 août 1739, Philippe Ier de Parme (1720-1765), infant d’Espagne et second fils du roi Philippe V et de sa seconde épouse, Élisabeth Farnèse. Membre de la maison de Bourbon d’Espagne, l’infant Philippe reçut, grâce au soutien de son beau-père le roi de France et de son frère, le roi Ferdinand VI d’Espagne, les titres de duc de Parme, de Plaisance et de Guastalla en 1748, au moment du traité d’Aix-la-Chapelle qui mit fin à la guerre de Succession d’Autriche.
Une troisième paire de bras similaires, provenant de la collection Hubert de Givenchy et portant respectivement les numéros d’inventaire incisés C 926.3 et C 926.4 accompagnés de la marque CR, signifiant Casa Reale, lettres disposées comme pour les nôtres de part et d’autre d’une couronne fermée, est aujourd’hui conservée dans les collections du château de Versailles. Tous ces bras de lumières sont identiques, tant sur le plan formel, que sur celui du travail de la ciselure et de leur exceptionnelle dorure. Les bras du Quirinal sont cependant plus grands, mesurant 90 x 67 cm, alors que ceux de Versailles correspondent parfaitement aux nôtres : 80 x 61 cm.






Les premiers ont été étudiées en 1996 par Alvar González-Palacios dans le cadre de son ouvrage consacré au mobilier et aux bronzes d’ameublement français conservés au palais du Quirinale. Comme pour nombre de bronzes en provenance de Parme, les numéros d’inventaires et autres marques royales de la Maison de Bourbon-Parme, datant de l’inventaire de 1855 et qui avaient été poinçonnés sur ces luminaires, ont été effacés par l’administration savoyarde. Il est parfois possible de les deviner ou de les entrevoir sous des ratures ou directement sous les nouveaux numéros, mais malheureusement pas dans le cas qui nous intéresse ici.
Les Rameaux de Bourbon-Deux-Siciles et de Bourbon-Parme en Italie
En 1734, au cours de la guerre de la Succession de Pologne, Don Carlos, duc de Parme et de Plaisance, troisième fils de Philippe V et d’Élisabeth Farnèse (héritière de la maison de Parme), s’empare de Naples et de la Sicile, où il règne sous le nom de Charles VII. Appelé au trône d’Espagne (1759) [→ Charles III], il laisse ses deux royaumes à son troisième fils, Ferdinand, qui devient roi de Naples et de Sicile, puis roi des Deux-Siciles sous le nom de Ferdinand Ier (1816-1825), souche du rameau de Bourbon-Deux-Siciles. La descendance directe de Ferdinand Ier, représentée par François Ier, Ferdinand II et François II, régnera jusqu’au rattachement des Deux-Siciles au royaume d’Italie (1860).
En 1748, le traité d’Aix-la-Chapelle, qui met fin à la guerre de la Succession d’Autriche, cède les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla à l’infant Philippe, second fils de Philippe V et d’Élisabeth Farnèse, fondateur du rameau de Bourbon-Parme : ce rameau règne sur les duchés de Parme et de Plaisance de 1748 à 1802, puis de 1847 à 1859, sur le royaume d’Étrurie de 1801 à 1807 et sur le duché de Lucques de 1815 à 1847. C’est à cette famille qu’appartient Jean, grand-duc de Luxembourg de 1964 à 2000, auquel succède Henri.